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COMMUNIQUE : 16ème Réunion Régionale (Région Afrique Centrale) de L’Assemblée Parlementaire Paritaire ACP-UE

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Conformément à l’article 17 de l’Accord de Cotonou et à l’article 6 du Règlement de l'Assemblée Parlementaire Paritaire ACP-UE (APP), les parlementaires de la région Afrique centrale du Groupe ACP et leurs homologues européens se sont réunis à Yaoundé (Cameroun), du 17 au 19 juillet 2018. Ils ont exprimé au Gouvernement et à l’Assemblée nationale de la République du Cameroun leur gratitude pour l’organisation de cette réunion et les dispositions prises pour assurer son succès. 
 
Dans leurs déclarations liminaires, les coprésidents ont noté les progrès réalisés dans les préparatifs des négociations post-Cotonou et se sont félicités des derniers développements au terme desquels les deux parties ont adopté leurs mandats de négociation. La réunion a réitéré l'appel à la préservation de l'unité et de la solidarité du Groupe ACP et à la nécessité de mener les négociations dans le cadre d'un engagement unique. La réunion, tout en reconnaissant le concept de spécificités régionales, a estimé qu’elles devraient contribuer à renforcer l'unité du Groupe.
 
Ils ont également noté que les organisations régionales sont les acteurs principaux des Accords de Partenariat Economique (APE) qui doivent servir à la fois de catalyseurs de la croissance et de mécanismes de renforcement de la bonne gouvernance. Ils ont félicité le Cameroun, seul pays de la région à avoir signé l’APE (intérimaire) entre l’UE et la Communauté de l’Afrique centrale, tout en notant la fonction des APE dans le renforcement de la coopération au développement économique et l'intégration des ACP dans le commerce mondial.
 
Les débats menés à cette occasion ont porté sur les questions suivantes : 
 
Intégration et coopération régionales 
 
État des lieux de l'intégration et de la coopération régionales : mesures visant à renforcer l'intégration régionale et mise en œuvre de l’Union douanière 
 
Les Membres ont été informés de l'état d'avancement de l’intégration régionale dans la Région de l’Afrique centrale et, à cet égard, ils ont exprimé leurs préoccupations face au retard enregistré dans le processus d’intégration et à la faiblesse des flux commerciaux entre Etats et régions, des mouvements des personnes et d’interconnexion des infrastructures physiques, toujours loin des objectifs visés par les institutions régionales existantes.
 
Les membres ont relevé l’absence de progrès en la matière malgré le temps écoulé. En outre, le succès de ce processus dépend de l'adhésion des citoyens et pourrait être réalisé grâce à la participation active des parlementaires. Les membres ont également souhaité que la question relative à la monnaie unique soit une composante inhérente à l'intégration régionale qui devrait être traitée simultanément avec le concept général des Accords de libre-échange.
 
Les membres ont salué l'initiative en faveur de l’unification de la Communauté Economique des Etats d’Afrique Centrale (CEEAC) et la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC). Ils ont noté les efforts et les progrès réalisés par les organes régionaux vers la réalisation d'une communauté unique. Ils ont aussi souligné que l’intégration régionale était envisagée pour harmoniser les politiques commerciales, créer un climat favorable à la libre circulation des biens et des services, faire face aux contraintes de capacité et coordonner efficacement les initiatives prises par différents organismes pour stimuler le commerce. De plus, la région devrait pouvoir atteindre ces objectifs d'ici à 2023.
 
Les membres se sont déclarés favorables à la mise en œuvre de l'Union douanière pour renforcer l'intégration régionale. En outre, ils ont estimé que les cadres institutionnels et infrastructurels ainsi que l'harmonisation des lois et des politiques douanières sont essentiels à cet égard. Les membres ont également rappelé que les États membres doivent se faire confiance afin de faciliter le partage des informations pertinentes pour l'achèvement du processus d'intégration dans la région de l'Afrique centrale.
 
En reconnaissant que l'intégration régionale présente un potentiel de retombées économiques considérables, les membres ont souligné qu’elle doit être guidée par le processus d'élaboration d'une stratégie inclusive de toutes les parties prenantes.
 
Piraterie dans le Golfe de Guinée
 
Les membres ont été informés de l’évolution de la situation dans le Golfe de Guinée. Ils ont pris bonne note du changement du mode opératoire des groupes illégaux qui opèrent dans la zone et la création des centres de coordination régionaux qui a ainsi contribué à une réduction significative du nombre d'enlèvements. Cependant, ils restent conscients des défis du renforcement des actions conjointes, de l’harmonisation des lois, de formation et entraînement nécessaires pour soutenir le travail des forces de l’ordre, les connaissances de l’environnement marin ainsi que la mise en œuvre du code de conduite de Yaoundé. 
 
Les membres ont appelé à la ratification de l’Accord de Yaoundé par tous les pays de la région ainsi que la mobilisation des ressources pour lutter contre ces groupes illicites, fortement organisés utilisant des méthodes de plus en plus sophistiquées et de haute technologie de pointe. 
 
Les membres ont lancé un appel à toutes les instances à une coopération régionale et globale en faveur d’initiatives communes à toutes les instances pour s’attaquer à la piraterie à sa source.
 
Enfin, les membres ont exprimé la nécessité que les politiques gouvernementales visent à la mobilisation de ressources financières pour aider à lutter contre la piraterie.
 
Défis en matière de paix et de sécurité dans la région
 
Construire la paix dans un contexte d’extrémisme
 
Les membres ont relevé que l’extrême pauvreté, le manque d’opportunités pour les jeunes, les inégalités sont les causes profondes de l’extrémisme violent. Ils ont également souligné que certains crimes émergents comme les enlèvements et la prise d'otages sont opportunistes; les terroristes profitent ainsi de l'instabilité et de l'anarchie dans certaines parties de la région. L'extrémisme violent, ainsi que l'insécurité transfrontalière sont aggravés par le flux illégal d'armes dans toute la région. 
 
Les membres ont reconnu l’importance de l’existence des infrastructures régionales adéquates pour la mise en œuvre des stratégies de préservation de la paix et de la sécurité régionale. L’approche globale a été fermement recommandée, car elle seule ouvre la voie au partage des renseignements et des ressources humaines.
 
Nonobstant cela, certains membres ont estimé que les problèmes doivent être répertoriés localement, puis régionalement pour finalement arriver à une approche globale. Les membres ont été encouragés par les progrès réalisés dans la promotion de l'agenda socio-économique dans certains pays de la région, tout en soulignant la nécessité pour les gouvernements de mettre en place des programmes de déradicalisation et de réinsertion sociale.
Enfin, les membres ont souhaité que les gouvernements appuient les initiatives en faveur de la paix durable, de la stabilité et de la sécurité.
 
La violence basée sur le genre dans les crises humanitaires et les défis qui en résultent
 
Les membres ont noté que la violence sexiste reste un défi majeur tant pour les pays en développement que pour les pays développés, le problème s’accentuant en cas de guerre ou conflit armé.
 
Les membres ont reconnu qu'il est toujours difficile d'évaluer les actions de la lutte contre la violence sexiste. Ils ont appelé à la mise en place de mesures appropriées qui contribuent à lutter contre la violence sexiste et à intégrer pleinement cette question dans les approches gouvernementales.
 
Les membres ont constaté le sous-financement des projets qui soutiennent les initiatives de lutte contre la violence sexiste, les conséquences de la crise humanitaire et les processus de consolidation de la paix et ont appelé à une plus grande mobilisation de la communauté internationale à cet effet. 
 
Les membres ont appelé à la mise en place d’une structure juridique appropriée et d’une politique inclusive, à l’intégration des femmes dans les processus de lutte contre la violence sexiste, à l'utilisation des médias pour sensibiliser les populations au problème, ainsi qu’à la mise en place de programmes d'éducation préventive. Les membres ont, également, appelé à la création d'un tribunal chargé des questions relatives aux femmes.
 
Les membres ont pris acte de l'initiative de l'UE - Appel à l'action 2016 – 2020 - qui se concentre sur la violence sexiste, partie intégrante de l'aide humanitaire. L'objectif de l'appel inclut la prévention, la réponse et la promotion de l'égalité des sexes.
 
Les membres ont également été informés d'initiatives telle que la création de cliniques juridiques qui ont encouragé les victimes de ce crime à s'exprimer, car elles sont conviviales et permettent l'accès à la justice.
 
Visite sur le terrain
 
Dans le cadre de la réunion, les membres ont visité l’Ecole Internationale des Forces de Sécurité, d’orientation internationale et surtout régionale, qui offre des formations de courte et longue durée et est engagée dans la recherche dans les domaines du soutien à la paix et à la sécurité interne et internationale.
 
Les membres ont pris acte de cette initiative de renforcement des capacités qui revêt une importance capitale pour la région, pour améliorer la gouvernance sécuritaire et promouvoir des standards communs au sein des forces de l’ordre. Ils ont souhaité également que ces formations puissent aussi être suivies par des participants des autres pays de la région. 
 
Criminalité environnementale et ressources naturelles
 
Criminalité environnementale en Afrique centrale: menaces majeures
 
Les membres ont noté que les menaces sécuritaires majeures dans ce domaine en Afrique centrale proviennent du braconnage, du trafic d’espèces sauvages et d’ivoire et à la perte d’habitats causée par la déforestation résultant de l’abattage légal et illégal des bois. 
 
Les membres ont entendu avec intérêt la présentation sur la situation sécuritaire des zones frontalières de la région de l’Afrique centrale où, dû à l’absence de pouvoir étatique, des groupes armés transfrontaliers opèrent en toute impunité, provoquant des déplacements massifs de populations dans les régions limitrophes. La fragilité et la faiblesse de l’autorité n’affecte pas uniquement les populations locales, mais aussi la faune et la flore.
 
Les membres ont exprimé leur préoccupation face à la prévalence du braconnage dans la région, ce qui indique que les syndicats criminels sont très en avance sur les efforts déployés par les gouvernements pour prévenir la criminalité ou pour faire face aux arrestations nécessaires.
 
Tout en notant le soutien financier de l'UE au programme African Parks visant à enrayer ce fléau, les membres ont souligné la nécessité d'une approche régionale plus coordonnée. Les membres ont souligné la nécessite d'un investissement à long terme dans les zones protégées ce qui contribuerait à créer des îlots de stabilité et de la bonne gouvernance dans l'un des environnements les plus difficiles en Afrique.
 
Les membres ont proposé les recommandations concrètes suivantes :
 
Demander aux représentants gouvernementaux de mettre en œuvre des accords sur les zones de protection ;
Demander l’appui des Gouvernements aux systèmes de gestion déléguée des aires protégées ;
Demander l’adoption par tous les Etats de la région de lois afin de contrôler le mouvement du bétail transhumant et le néo-pastoralisme, en particulier en RDC et en RCA ;
Trouver des solutions appropriées au phénomène du néo-pastoralisme qui implique le flux massif de troupeaux de bétail qui sont poussés dans les zones frontalières où la gouvernance est limitée ;
Solliciter l’appui de la communauté internationale pour la mise en place d'un mécanisme de financement basée sur le partenariat public-privé ;
Lancer un appel aux Gouvernements de l’Afrique centrale en vue d’agir conjointement dans la lutte contre ce fléau de la violence transnationale et transrégionale.
 
Financement du terrorisme
 
Les membres ont été informés de l'augmentation de la criminalité dans la région liée à de graves crises économiques, à la criminalité rurale et transfrontalière, à la prise d'otages à grande échelle le long des frontières, notamment à la présence de la Lords Resistance Army. Les membres ont été informés de la nécessité pour les gouvernements d'accorder la priorité à l'engagement des jeunes et de répondre à leurs préoccupations afin qu'ils ne soient pas attirés dans des activités criminelles.
 
Les Membres ont noté que le financement du terrorisme doit être analysé en permanence et de manière systématique. La circulation incontrôlée de monnaie fiduciaire, qui est la contrepartie d’un taux excessivement faible de bancarisation des transactions financières, facilite la déviation de flux financiers vers les groupes terroristes. L’accroissement du contrôle et de la traçabilité des transactions financières est urgent, également en vue d’endiguer les flux transfrontaliers illicites.
 
De plus, les membres ont été informés que les rançons placées contre l'enlèvement sont également des sources de financement. Le terrorisme, la faune et la criminalité environnementale ont également été utilisés pour financer la contrebande d'armes.
 
Enfin, les Membres ont invité les Coprésidents à présenter les conclusions de la présente réunion régionale lors de la 36ème session de l’Assemblée Parlementaire Paritaire prévue en décembre 2018 à Cotonou (Benin), et à les transmettre à l’Assemblée Parlementaire ACP, au Parlement européen, à la Commission européenne, au Conseil européen, au Conseil des Ministres ACP, aux Communautés Economiques Régionales en Afrique Centrale, aux États ACP d’Afrique Centrale, au Parlement Panafricain, à la Commission de l’Union Africaine, au Groupe des États ACP et aux États membres de l’UE.
 
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